
Pour un peu changer de sujet, qu'est-ce que cette bestiole que j'ai surprise en train de vouloir emprunter mon velo ?
The same day, three events occured, and it's hard to say if they are linked or not :
Syria and Iran have been immediately accused for the murder of Pierre Gemayel by the members of the governing majority. There are arguments and reasons to believe so. I know people who have been living the last few months in Syria, and the opinion there is that the syrian government want, by a way or another, by any possible ways, avoid the international court. This ranges from destabilizing the region, to even reactivate the golan front against Israel (the most peaceful front in the world for more than 3 decades now). That's true there are absolutely no doubts re. the former crimes, that Syria was AT LEAST involved or aware, when looking at the way the impressive bomb attacks were conducted, in a country ruled by the syrian occupier. At the other side, I do not understand what would be the meaning of such an initiative (killing somebody else in the lebanese government) as it only fastens the establishment of the court (see the vote, the same night, at the UN security council). For the last assassination of Pierre Gemayel, there are also troubling facts : the operating modus was different (commando vs. bomb), in the heart of a christian quarter, by 3 men even not covered and who could escape without difficulty while there is a cop every 10 meters in the street.
Yesterday I was in the bekaa, in baalbek, within hezbollah bases. The following is also an opinion shared by left wing members of the communist party and also by supporters of the former general Aoun (christian leader in the opposition). The murder could come from close christian bases close to the majority. The goals are : forcing the international court, and above all, attract "lost souls" aka. the important christian minority following the general Aoun to reintergrate the lebanese forces against Hezbollah and Syria. This scenario is also hard to believe, but it is a possible option.
The third possibility, there are different opinions actually : a mafia "reglement" ; or an operation approved, if not supported, by the united states, not happy to see that an UN mission, mainly lead by France and other european powers, is taking leader ship and is managing to keep peace in the region (it could be dangerous for the american hegemony in the region) : not afraid to threaten Israel if they move and determined in impeaching Hezbollah to re-establish its military presence in the south ; the Hizbullah itself, in order to sthrengten the tension strategy with the goal of forming a national unity government where they would be better represented ; or even, the mossad, Israel not willing a pacified Lebanon.etc... As you can see, Lebanon is still the country of rumours and imagination, more than ever.
Practically, we are not far from a civil war. You just need two factions for that. No need for an hostile divided population as we commonly believe, as if an entire community of one country wanted to fight with the members of another community. We know that Hizbullah is armed, and it seems the Lebanese forces are as well. The lebanese "official" army could not stay as fair as they look like. We will see in the next few days and weeks if there are forces in this country willing to lead it to a civil war again. 
Le dernier événement qui tient la presse en haleine et parfois le passant, sont les négociations sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, incluant une part plus grande de ministres du Hezbollah, du Courant Patriotique libre (Général Aoun) et de Amal, un mouvement chiite. Il y aurait nécessité de former un tel gouvernement en raison de la guerre de juillet et de l'extreme tension : on a quand meme tire ces dernieres semaines plusieurs fois au mortier, de façon non revendiquee, a cote du parlement et du siège du gouvernement, sur deux casernes de police... Il est curieux de voir comment ces actes sont relativement banals ici. Néanmoins, c'est assez sérieux que pour faire quelque chose. Le parti de Dieu estime également que la donne a complètement changé depuis cette dernière guerre. On se souviendra de la fête du Hezbollah, rassemblant plusieurs centaines de milliers de sympathisants et de curieux à Dachye au sud de Beyrouth il y a un peu plus d'un mois. Il ne serait même pas nécessaire d'aller plus loin, l'enjeu ce sont les élections anticipées. Mais on est au Liban et tout doit se faire de façon théatrale sinon dramatique, ce qui me convient assez bien quelque part.
Il y a deux aspects avec lesquels je voudrais terminer cet exercice libre.
(photos : Beyrouth sauf la derniere, detail de la citadelle de Tripoli)
Il y a trois semaines, de nombreuses voitures, camionnettes, 4X4,... partent de Jounieh, la cité balnéaire bourgeoise du Liban, à 15 km au nord de Beyrouth, en cortège. On arborre la photo d'un gars qui ressemble vaguement a JFK. Il s'agit de Dory Chamoun, fils de l'ancien president, chef du parti liberal, allie de Aoun en 1989 lorsque ce dernier a commence sa campagne militaire pour mettre l'armée syrienne dehors. Aoun a échoué et est parti, exilé en france. Le clan Chamoun est reste et Dory s'est fait assassiner chez lui, avec sa femme et deux de ses 4 enfants par la milice phalangiste de Geagea et les syriens. Geagea s'est fait condamner a mort entre autre pour ce fait en 1994. Sa peine a ete commuee en peine de prison. 11 ans plus tard, en 2005, Geagea est sorti de prison et est a present le chef du parti des forces libanaises (heritiers des phalanges) qui fait partie de la coalition... anti-syrienne du 14 mars. Aoun est aujourd'hui l'allie du bloc qualifié de "pro-syriens", en tout cas avec le hezbollah. Un exemple de retournement de veste réciproque, tu me passes ta veste, je te passe la mienne.
Mine Action Coordination Center (UN), Tyr - Le centre de coordination des Nations-Unies pour le Liban Sud est implante a Tyr (Sour) depuis quelques annees. Son action consiste a coordonner les interventions d'une deux-centaine de demineurs repartis dans differentes ONG. Ils attribuent les autorisations de deminer en fonction des competences des ONG et ils etablissent egalement une typologie exhaustive des mines trouvees sur le terrain. Voir particulierement http://www.maccsl.org . Un tableau mural indique les plus grandes concentrations de zones qui restent a etre nettoyees : Mad Al silm, region de Tyr, Zawtar, toute le zone entre Bint Jbail et Tibnin.
Des fragments de bombes a fragmentation de fabrication chinoise jonchent le sol dans la zone directe autour du village. Seules 40% de ces petits engins gros comme un telephone portable explosent au contact avec le sol. L'imprecision technologique ou la vetustete de ces bombes restees en hangar pendant plusieurs annees fait que plus de la moitie d'entre ces fragments (clusters) n'explosent pas et se retrouvent ainsi dissemines dans la nature, pendus a des branches d'arbres, enfuis entre des rochers, et constituent un danger pendant plusieurs annees. Une bombe a fragmentation (cluster bomb) peut contenir jusque 640 fragments (clusters). Ces fragments, en explosant et se dechiquetant, projettent dans leur environnement immediat des dizaines de morceaux de metal, aiguises comme des lames de rasoir.
Le chef de la famille nous fait le topo de tout ce que le Hezbollah lui a promis suite a la destruction totale de sa maison de trois etages, une bien belle masure. Dix mille dollars upfront pour se loger, se nourrir, racheter des meubles plus tard, enfin, ce qu'il veut en faire. Deblaiement gratuit des gravats par une dizaine de volontaires du parti, et reconstruction de sa maison comme elle etait avant la guerre. Clefs en main. Au loin, sur la colline, on appercoit les postes avances de l'armee israelienne, sur la ligne bleue. Du lieu ou l'on parle jusqu'a ces postes faits de tours et de barbeles, les drapeaux jaunes et verts du hezbollah flottent sur les maisons libanaises. Aita est un village qui a ete occupe durant 20 ans par Israel. Les message adresse a chacun etait clair : tu co-operes et tu restes, ou tu te casses. Une cinquantaine de personnes du village sont connues notoirement pour avoir travaille pour l'ennemi. Lors des evenements de juillet / aout, les Israeliens ne pensaient pas rencontrer une telle opposition dans et autour du village.
Station de Cola, Beyrouth sud. Un minibus public nous emmene vers Saida (Sidon). Les Libanais observent les degats en route. On contourne deux ou trois ponts detruits. L'un d'entre eux a deja ete reconstitue temporairement par le genie civil. On passe dessus sous les yeux d'une garnison de casques bleus francais. A droite de la route, sur la plage, des dizaines de camions militaires francais sont alignes. Un dernier pont detruit pres du stade de Saida, et nous arrivons a la sation de bus de la ville.
Kherbet Selem - 10 km apres Tyr, les immeubles effondres sous les bombes se succedent. Un soldat libanais se tient devant chaque maison detruite. Il faut empecher les enfants qui jouent et rigolent sur les trotoirs d'aller s'aventurer dans les ruines et de toucher des debris d'obus. Devant ces maisons detruites, des bannieres sur lesquelles on peut lire "Notre sang a gagne", "USA : ceci est votre democratie" ou encore des posters sur les abris de bus, places par le Hezbollah, en anglais cette fois "The divine victory". Ceci revet parfois un caractere un peu pathetique dans le paysage devaste.
Kounine - Bint Jbail, villages fantomes ou l'on trouve quelques libanais et quelques journalistes. Une inscription en arabe sur un immeuble en debris dit que "Nous avons ete forts dans la guerre, nous serons forts dans la reconstruction". La plupart des batiments ont ete construits il y a 6 ans, apres le depart israelien du sud-Liban. Autour de moi, on dit qu'il ne faudra pas plus de deux ans pour tout reconstruire, et ce sera meme en mieux. Les Israeliens ne purent jamais entrer a Bint Jbail, ils furent bloque a l'ouest et a l'est de sa peripherie. Pas un seul soldat de tsahal n'a pu rentrer dans la ville, donc les Israeliens l'ont rasee. Malgre l'ampleur des degats, il n'y aurait eu miraculeusement qu'une vingtaine de morts ici.
Hama, Syrie - Il y a parfois des moments dans mes etapes ou je ne parviens plus a bouger d'un iota, ecrase par une fleme pas possible ou par la chaleur, ou les deux. Halep (Aleppo) en fait partie, comme ce fut un peu le cas a Sarajevo. Je me suis refugie dans l'hotel al-kasr al-andaloos, literallement, le palais andalou. En terme de "palais", l'expression est un peu galvaudee, c'est quand meme un hotel typiquement moyen-oriental, pas dans les guides, un peu defrechi. Enfin, deja il y a pas de cafards, je m'en tire bien. Aux murs du patio, une sorte de crepi rose completement degueu, des tentures roses pas beaucoup mieux descendent du haut des portes. Dans ce patio, d'ou donne une mezzanine qui dessert les chambres du deuxieme etage, non occupees il me semble, deux irakiens glandent toute la journee. De vrais arabes du golfe, jamais un mot plus haut que l'autre, doux, tres discret. A mille lieux de l'image des enrages qui mettent l'Irak a feu et a sang apres le passage des americains. Il y a aussi Habou Rachid, qui m'a envoye porter mon linge a laver 3 rues plus loin avec comme mission de dire au blanchisseur que je venais de sa part, sous le ton de la confidence. Un vieux monsieur sautillant est la en permanence aussi dans le hall. Il recopie un bouquin en arabe, ou il prend des notes, je ne sais pas. C'est une personne de la famille. Il fait les cent pas devant l'ecran de television acroche a 2 metres de haut et me commente l'actualite en arabe. Apres 4 jours, malgre que je lui ai dit quelques fois que je suis belge, il me presente toujours comme etant australien. Au debut, je rectifiais "La, la, ana min belgica", maintenant, je laisse dire. J'ai des bouquins a lire. Et un oeil constant sur Al Jazzirah, et sur l'internet deux rues plus loin, sur l'evolution de la situation au Liban, car c'est pour cela que je suis ici a Halep. A savoir, attendre que cela se calme au Liban.
Voila une petite ville que je recommande pleinement. On y mange bien, l'atmosphere y est tres paisible en regard d'Halep. N'importe quel habitant vous le dira. Les hotels sont plus que corrects a des prix hors competition. Et elle a un atout indeniable dans la mesure ou elle est traversee par une vraie riviere, avec de l'eau, c'est assez singulier que pour etre signale. Le long de cette riviere, d'immenses roues, des norias, brassent l'eau et la versent dans des aqueducs qui serviront a irriguer les cultures un peu en-dehors de la ville. Norias sur lesquelles des gamins jouent a se laisser remonter par les battants des moulins a eau et en sautent une fois arrives a 10 metres de hauteur. Avec cette effusion d'eau de partout, les moulins a eau, les fontaines et autres jets d'eau, regulierement, vous avez de minuscules bruines d'eau fraiche portees par le vent qui vous caressent tendrement le visage un peu partout au centre-ville. Ajouter a cela quelques parcs et cela donne a cette ville une allure d'oasis luxuriante au milieu du desert. Impression plus forte encore quand vous regardez au loin du haut de la colline ou il y a du y avoir un jour une citadelle. Quitte a attendre la fin des hostilites au Liban, c'est ici que j'attendrai quelques jours. Il y a moyen de faire une excursion au Krak des Chevaliers a partir d'ici ainsi qu'un chateau ismaelien, periode secte des assassins. Un autre jour si je suis toujours ici, il est possible de pousser une visite a Apamee, site archeologique majeur apres Palmyra ainsi que l'une ou l'autre des villes mortes a une cinquantaine de kilometres au nord.
Le deuxième fait rapelle la Grèce de toujours, ses Iles paradisiaques et en particulier celles du Dodecannese. Il n'y est quasiment pas une ile qui n'a pas ses églises et ses chapelles. Certaines de celles-ci continennent une vierge noire, à savoir l'icone de Ste Marie dont le visage a été noirci, de l'oeuvre des iconoclastes, la plupart du temps probablement sur place, et parfois lors d'un voyage forcé chez l'ennemi héréditaire ottoman. Cette dernière option me semble peu probable, mais soit. Ce qui est par contre tout à fait probable, c'est que beaucoup de ces icones sont revenues, par mer, seules, en pilotant leur barque à travers la méditérannée orientale. On voit d'ailleurs quelques tableaux dans ces églises et ces chapelles qui montrent l'icone (le tableau), debout sur une embarcation, approchant la berge devant un parterre d'ecclesiastiques rejouis de voir revenir leur Sainte Vierge.
Appelons le pays par son nom, comme l'écrasante majorité du concert des Nations, et non "Skopje" ou FYROM comme on s'obstine à l'appeler en Grèce. De Nis a Skopje en train, on traverse les plaines arides du Kosovo. Je n'ai pas vu même un village kosovar de loin, je ne pourrai donc pas en parler. Ca m'a laissé tout le temps de penser à ce que m'a dit Dica à Nis : le Kosovo, que notre gouvernement ait l'intelligence de le vendre, au meilleur prix politique. A Skopje, j'ai croisé la route d'un des gars les plus sympas du monde, un kosovar. Un gars constament sur la route, de Westerlo où il fut un temps réfugié de guerre, à Istanbul, de New York à Kabul où il s'est engagé dans une mission de l'ONU. Il hait les Serbes comme la plupart de ses congénères. C'est parfois dur de naviguer entre ces différentes sensibilités...
De retour chez l'un des peuples les plus "rock and roll" d'Europe, avec ce que cela comporte d'excès et de travers. Autant le faire rock 'n roll, je ne vous recommende pas l'hotel Athina en face de la gare de Nis. C'est le moins cher de la ville, 500 dinara, un bon 6 euros par nuit, attenant a une boite de strip-tease. Il m'a été renseigné après deux heures de recherche infructueuse par un tzigane sédentarisé qui comme il se doit a de la famille partout en Belgique, à Hoboken, à Haecht, à la gare du midi et à Liège. Six euros, c'est le montant que les "clients" paient pour la chambre le temps de la passe, mais on m'a fait un bon prix. Tous les autres hotels de la ville sont soit a 60 euro la nuit, soit ce sont les hotels de l'office étatique serbe du tourisme, tous en grêve depuis huit mois (sic). Ce qui est quand même gentil, c'est qu'un réceptionniste reste posté derrière le comptoir de la réception pour vous le dire. Il y a un bon business à faire en ouvrant des chambres d'hôte ou une pension clean entre 10 et 15 euros la nuit. Nis est idéalement placée sur la route des backpackers vers la Turquie depuis Belgrade, la Bosnie, la Croatie... Si il est réouvert d'ici-là, je conseille le "Centroturist hotel", situé au coeur du Parc Cair et près de la grande piscine municipale. Cet établissement a du potentiel...
Quelques jours plus tard je passerai une apres-midi a Qom, avec un etudiant en mathematiques. Histoire de voir comment ca se passe sur un campus universitaire en Iran. L'ambiance y est tres studieuse, loin du joyeux bordel qui regne sur nos campus. Ce qui fait rever certains etudiants rebelles, c'est la periode du shah, normal, ils n'etaient pas encore ne. Dans le logement de Mohammed, des photos sont affiches sur l'interieur de la porte de ses armoires fermes a double tour, montrant tel ou tel general de la periode pahlaviste. Je suis surpris qu'une figure telle que Mohammad Mossadegh ne fait pas l'objet de plus de fascination aupres des jeunes. 1er ministre a la tete d'une coalition communiste et nationaliste, soutenue par les Islamistes a l'epoque, qui a ordonne la nationalisation du petrole (de la Anglo-Persian Oil Company) et renverse par un coup d'etat en 1953 soutenu par les anglo-americains replacant le Shah au pouvoir qui va imposer une dictature inouie pour son come-back. Les americains reconnaitront par Madeleine Albright sous l'administration Clinton le role joue par les US dans ce renversement, coup de main portant le nom 'operation Ajax'. Bizarrement, les quelques resumes historiques officiels que j'ai ete amene a lire font table rase de cette periode et du personnage de Mohammed Mossadegh. Meme les guides n'en parlent pas, comme si entre le Shah 1ere mouture et la revolution Islamique il ne s'etait rien passe. De meme, les quelques bouquins trouves au mausolee de l'Emam Khomeiny font penser a un combat heroique de l'Ayatollah, seul contre tous. L'Ayatollah ne d'ailleurs a Qom, ce qui nous ramene au sujet.
Et pour terminer par le non moindre de ces lieux symboliques (je vous rassure, je ne les ai pas fait l'un a la suite de l'autre, je les rassemble sous le meme article...), le cimetiere militaire de la guerre Iran-Irak. Un million de morts,